Brief aus Tunis

Foto3

I

Drei üppige Schluck Whisky, und die Angst ist weg, die furchtbare Flugangst. Die Maschine steigt und steigt von Frankfurt Richtung Tunis. Auf zur Geburtstagsfeier! Tunis ist für mich der wahre Ort, um siebzig zu werden und mich so zu fühlen wie diejenigen, die ich dort kenne und die zehn, zwanzig und dreißig Jahre jünger sind. Ich fing an, sie vor zwölf Jahren zu treffen, heimlich, nachts, auf der Hut vor den Wachhunden der Diktatur, war damals ARD-Korrespondent in Nordafrika, 58, ganz jung. Und jetzt ist ganz Tunis jünger als ich damals und heute und als alle meine tunesischen Bekannten. Tunis ist neu geboren, seit es den des Alterns Unwürdigen, den furchtbaren Ben Ali, in die Flucht gejagt hat. Unwürdig des Alterns war dieser Mann, weil er mit jedem Jahr, das er alterte, zynischer, grausamer, gieriger, menschenverachtender wurde. Wo so einer aus der Stadt gejagt wird, da feiere ich den Siebzigsten besser hier als zu Hause, wo meine Freunde kaum Begeisterung für die tunesische Revolution und über das Verjagen bösen Alterns zeigen. Irgendwie, finde ich, haben sie den Anschluss an das Mittelmeer verloren, aber was wären wir ohne das Mittelmeer? Ein Heer von Rollatoren.

II

Schon beim Einsteigen in Frankfurt habe ich nachgeschaut, wer die Maschine fliegt. Leider ein Pilot, und leider nicht die Pilotin von »Tunis Air«, die 1999 als erste Bordkommandantin Tunesiens einen nagelneuen Airbus von Tunis nach Marseille steuerte, wobei wir, mein arabischer Kameramann und ich, sie filmten. Auch damals: drei Schluck Whisky, und wieder war die Angst
weg, die Flugangst. Die andere Angst aber blieb, selbst beim sechsten bis achten Schluck auf dem
Rückflug Marseille–Tunis. Die Angst vor Ben Ali und seinen Wachhunden. Die Angst, die ganz Tune
sien erfüllte, die Angst, die ich in einem Fernseh-»Weltspiegel« beschreiben wollte. Zur Täuschung der Zensurschergen drehten wir tags die Geschichte über die »erste Bordkommandantin Tunesiens« – Frauenemanzipation, ein genehmigtes Thema –, nachts aber bei den malträtierten, zusammengeschlagenen, mundtot gemachten und gefolterten Opfern des Ben-Ali-Regimes: Ceaucescu-Terror am Mittelmeer, von Millionen Touristen unbemerkt. Jetzt bauen dieselben Leute das neue Tunesien auf. Also: Geburtstag feiern am Geburtsort der tunesischen und – wer weiß? – arabischen Demokratie, damals der finsterste Ort im Maghreb.

III

Die Menschenrechtlerin, den Journalisten, den Arzt, die Anwältin, den Volkswirt und die Studentin wieder treffen, deren Telefonleitungen gekappt und Wohnungen verwanzt worden waren, damals, als ich ihnen schwierig und heimlich zum Interview begegnet war. Jetzt treffe ich sie frei auf der Avenue Bourguiba, ohne dass ein Schläger lauert, um beim ersten falschen Wort dazwischen zu fahren, ohne dass im Restaurant der voll besetzte Tisch neben uns schweigend in sich hinein mampft – die Zivilbullen wollten jedes Wort von uns, dem Kameramann und mir, mitbekommen, noch ehe wir überhaupt jemanden getroffen hatten. Erstickung auf Schritt und Tritt. In den Zeitungen nicht ein einziges Komma gegen Ben Ali gerichtet, nie ein subversiv gezogener Gedankenstrich. Das finstere Augenpaar des grinsenden Diktators, millionenfach das Land bedeckend – nur noch Toiletten boten Zuflucht vorm Verfolgerblick – und jetzt? Weg! Fort! Verschwunden! Nie gewesen! – Tunesien ohne diese allgegenwärtigen Augen, das war eine surrealistische Phantasie vor noch einem Jahr. Tunesien, das waren diese Augen. Ben Ali hatte Tunesien ausgelöscht.

IV

Ausgelöscht! Plötzlich verstand das ganze Land: wir werden ausgelöscht. Tunesien wird ausgelöscht. Als der ambulante, nicht genehmigte Gemüsehändler Mohamed Bouazizi sich verbrannte, auslöschte, geriet das Land in Brand. Die Plakate mit den bösen Augen verbrannten, und an den nackten Hausmauern stand geschrieben: »Enfin libres!« »Endlich sind wir frei!« Deshalb ist Tunesien das richtige Land für die siebzigsten Geburtstage unserer Generation. Weil bei uns nach dem achten Mai 1945 niemand diesen Satz an die Mauern pinselte oder freudig rief: »Endlich sind wir frei!« Vierzig Jahre musste es dauern, bis ein Bundespräsident riskierte, öffentlich auszusprechen, dass das Verschwinden der bösen Augen 1945 auch eine Befreiung war. Das Geschenk, das wir damals nicht bekamen als wir jung waren, nämlich die öffentliche Freude über das Verschwinden des Bösen, überreicht uns nun im Alter der kleine Nachbar vom südlichen Ufer des Mittelmeeres. Herzlichen Glückwunsch! Und herzlichen Dank.

(Auch meinem Sohn, dessen Geschenk die Reise nach Tunis war.)
Samuel Schirmbeck: Journalist, Autor, Dokumentarfilmer, war zehn Jahre lang ARD-Korrespondent

 

Lettre de Tunis

Trois bonnes gorgées de whisky et la peur, la terrible peur de prendre l’ avion disparaît.

L’avion décolle et s’élève direction de Tunis. En avant pour mon anniversaire! Tunis est pour moi le lieu adéquat pour fêter mes 70 ans et de me sentir de plain pied avec ceux que je connais là-bas et qui ont 10, 20 et 30 ans de moins que moi.

J’ai fait leur rencontre il y a 12 ans secrètement la nuit en ayant peur des chiens de garde de la dictature. A ce moment-là j’étais correspondant de la ARD en Afrique du Nord, j’avais 58 ans, j’étais tout jeune. Et à présent tout Tunis est plus jeune que moi jadis et que tous mes amis tunisiens aujourd’hui.

Tunis vient de renaître depuis qu’elle a chassé celui qui est indigne de vieillir, le terrible Ben Ali. Cet homme est indigne de vieillir parce qu’en vieillissant, chaque année il était devenu plus cynique, plus cruel et plus méprisant de l’homme. Je préfère fêter mes 70ans dans cette ville d’où a été chassé un tel homme plutôt que chez moi où mes amis n’ont manifesté que peu d’enthousiasme pour la révolution tunisienne et le départ forcé du vieillard mauvais.

D’une certaine façon je trouve qu’ils ont perdu le contact avec la Méditerranée — mais que serions-nous sans la Méditerranée? Une armée de déambulateurs vieillissants.

II

Déjà en montant l’avion de Frankfort j‘ ai regardé qui le pilotait. Malheureusement un pilote et malheureusement pas la pilote de Tunis Air qui, en 1999, première femme commandante de bord en Tunisie conduisait l’Airbus tout neuf de Tunis à Marseille pendant que nous, mon caméraman et moi, nous la filmions.

A ce moment- là aussi, trois gorgées de whisky et de nouveau la peur de voler en avion disparaissait. Mais l’autre peur demeura, même après la sixième jusqu‘ à la huitième gorgée sur le vol de retour Marseille- Tunis. La peur de Ben Ali et de ses chiens de garde. La peur qui dominait toute la Tunisie, la peur que je voulais décrire dans l’émission télévisée «Weltspiegel».

Pour tromper les sbires de la censure nous tournions le jour l’histoire de la première femme commandante de bord de la Tunisie- l’émancipation des femmes un sujet permis- nous tournions la nuit chez les victimes maltraitées, battues et réduites au silence et torturées de Ben Ali: une terreur au bord de la Méditerranéeignorée de millions de touristes. Maintenant ces mêmes victimes construisent la Tunisie nouvelle. Donc: fêter son anniversaire sur le lieu de naissance de la démocratie et — qui sait — de la démocratie arabe, hier encore le lieu le plus sinistre au Maghreb.

III

De nouveau rencontrer la juriste des droits de l’homme, le journaliste, le médecin, l’avocate,
l’économiste et l’étudiante dont les lignes téléphoniques avaient été coupées et les appartements infestés de micros lorsque je les avais rencontrés difficilement et secrètement pour une interview.

Maintenant, je les rencontre librement dans l’avenue Bourguiba sans qu’une brute veille pour intervenir lors du premier mot de travers, sans qu’au restaurant la table à côté de nous s’empiffre en silence, les flics en civil ne voulaient pas perdre un mot de ce que nous disions, mon caméraman et moi, bien avant même sans que nous ayons rencontré quelqu’un.

Asphyxie totale et permanente. Dans les journaux pas une seule virgule dirigée contre Ben Ali, jamais un tiret subversif.

Les yeux sinistres du dictateur ricanant reproduits de millions de fois recouvrant le pays — seules les toilettes constituaient un refuge à l’ abri du regard du persécuteur — et maintenant? Parti! Disparu! Jamais existé! La Tunisie sans ces regards omniprésents, c’était inimaginable il y a encore un an. La Tunisie, c’était ces yeux! Ben Ali avait éteint la Tunisie.

IV

Eteint! Tout à coup le pays entier comprit : nous sommes un peuple éteint. La Tunisie est un pays
éteint.

Lorsque le marchand de légumes à la sauvette s’immola, s’éteignit, le pays tout entier prit feu. Les affiches avec les yeux méchants flambèrent et sur les murs des maisons on vit écrit :
Enfin libres!

C’est pourquoi la Tunisie est le pays adéquat pour les soixante-dixièmes anniversaires de notre génération. Parce que chez nous après le 8 mai 1945 personne ne peignit cette phrase sur les murs ou s’écria ravi : «Enfin nous sommes libres!» Il a fallu 40 ans pour qu’un président de la république se risque à déclarer publiquement que la disparition des yeux méchants en 1945 était aussi une libération. Le cadeau que nous n’avons pas reçu lorsque nous étions jeunes, c’est-à-dire la joie publique de la disparition du mal- c’est ce petit pays de la rive sud de la Méditerranée qui nous le donne alors que nous sommes vieux.

 

Félicitations! Et merci de tout cœur!
(Aussi à mon fils dont le cadeau fût le voyage à Tunis.)

 

Traduction : Jacqueline Parodi,
Monika Falkenhagen

Kommentieren

Deine E-Mail-Adresse wird nicht veröffentlicht. Erforderliche Felder sind markiert *